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Être égoïste m’a rendue heureuse

il y a 17 heures
8 min de lecture

Tu préfères regarder ? La vidéo complète est juste au-dessus.


C'est OK pour toi si on fait une petite expérience aujourd'hui ?


Imagine, tu dois déménager ce samedi. Tu as réservé ton camion, ta journée, les cartons sont prêts, tout est calé et là, ta meilleure amie t'appelle. Elle déménage elle aussi samedi et elle te demande si tu peux venir l'aider.


Tu as deux possibilités. Première possibilité, tu continues ton déménagement. Tu lui expliques que là, aujourd'hui, tu ne peux pas, mais que tu pourras venir l'aider à la rigueur un autre jour.


Réponse numéro 2, tu annules ton déménagement et tu pars sur le sien. Alors, qu'est-ce que tu choisis ?


Mets-moi ta réponse en commentaire. Tu commentes 1 ou 2 selon ce que tu aurais choisi. Moi, je veux vraiment savoir ce que tu aurais fait spontanément. OK ?


Maintenant que tu as écrit ta réponse en commentaire, si tu es comme 98 % des gens, tu as très certainement choisi la réponse numéro 2.


Et tu vas probablement te dire : « Bah c'est évident, c'est ma meilleure amie, je vais pas la laisser galérer toute la journée. Elle me demande de l'aide, je vais l'aider. »


Tu te dis que c'est ça, être une bonne amie, être présente, être généreuse, être quelqu'un sur qui on peut compter, et quelque part, c'est une très belle qualité.


Sauf qu'il y a un petit problème là-dedans, parce que cette réponse qui paraît totalement évidente et généreuse, bah elle peut gâcher ta vie. Et je vais t'expliquer pourquoi.


Déjà, soyons clairs, je ne suis absolument pas en train de dire que tu dois pas aller aider les autres. L'aide, la coopération, la générosité, ce sont des valeurs profondément humaines que je vénère et notre cerveau peut même les associer à des mécanismes de récompense.


Quand tu aides quelqu'un, tu vas ressentir du plaisir, de la satisfaction, le sentiment d'avoir été utile. Donc oui, aider peut réellement nous faire du bien.


Le problème, c'est quand tu ne sais plus faire la différence entre « j'ai envie d'aider » et « j'ai besoin d'aider ». Parce que derrière le besoin d'aider, il va se cacher très souvent quelque chose d'autre.


Le besoin d'être aimé, le besoin d'être apprécié, le besoin d'être indispensable. Oui, je sais, même si c'est un truc qu'on assume pas trop. Le besoin qu'on te dise : « Heureusement que tu étais là. »


Et là, c'est plus uniquement de la générosité, c'est aussi devenu la manière d'obtenir quelque chose en retour. Pas forcément quelque chose de matériel, attention, mais une dose de validation, de reconnaissance, une dose de « je suis quelqu'un de bien ».


Attention, ça veut pas dire que tu fais ça consciemment. Tu te lèves pas le matin en te disant : « Aujourd'hui, je vais sauver tout le monde pour obtenir des compliments. » Évidemment que non. Tu es beaucoup plus subtile que ça.


Ton cerveau a pu apprendre que être utile égale être aimé.


Si dans ton passé, tu as appris que tu as été particulièrement valorisé quand tu faisais des choses de bien, quand tu étais serviable et gentil avec les autres, ton cerveau a pu progressivement associer certaines choses.


Je réponds aux besoins des autres égale je suis appréciée. Je ne déçois personne égale je suis une bonne personne. Je suis utile égale j'ai de la valeur.


Plus tu répètes ce fonctionnement, plus il va devenir automatique. Et à ce moment-là, ton sentiment de valeur personnelle dépend davantage de l'approbation ou de la reconnaissance des autres.


Donc forcément, quand quelqu'un va te demander quelque chose, ton cerveau va uniquement traiter la question : « Est-ce que j'ai envie de faire ça ? » Mais il va traiter aussi : « Si je dis non, qu'est-ce qu'elle va penser de moi ? »


Et là, crois-moi, tu ne prends pas la décision avec tes envies. Tu vas prendre la décision pour éviter une conséquence émotionnelle. Culpabilité, la peur de décevoir, la peur d'être jugé, la peur de plus être aimé.


Et c'est là que ça va devenir super épuisant, parce que tu finis par être disponible pour tout le monde sauf pour toi.


Et c'est là que je veux retourner complètement le problème, parce que là, dans notre exemple du début, tu as certainement étudié la réponse 1 en te disant : « Bah c'est un peu égoïste. Si je fais mon déménagement et je vais pas aider mon amie, ça se fait pas. »


Mais attends, on va tourner le problème dans l'autre sens. Ta meilleure amie a le droit d'avoir besoin d'aide. Mais toi aussi. Elle a le droit d'avoir un déménagement important, mais le tien l'est aussi.


Pourquoi son besoin aurait plus de valeur que le tien ? Pourquoi est-ce que les autres comptent toujours plus ? Pourquoi est-ce qu'à ce moment-là, te sacrifier toi, c'est pas grave, mais sacrifier les autres, ça serait dramatique ?


Et si tu considères vraiment les autres comme tes égaux, pourquoi est-ce que tu devrais systématiquement te placer en dessous ?


C'est ça qui a énormément changé de choses pour moi. J'ai compris que quand je me choisissais, j'étais en aucun cas égoïste et ça voulait pas dire que je considérais les autres comme moins importants que moi. C'est pas de l'égoïsme, c'est de l'équité.


Je veux pas que tu regardes cette vidéo en te disant : « Ouais, c'est bon, Aline m'a dit d'être égoïste, tout le monde peut aller se faire foutre. » Non, le but ici, je te le rappelle, c'est pas d'aider personne.


Le but, c'est d'arrêter de toujours reporter ce qui compte pour toi, d'arrêter de considérer que les autres comptent plus, quitte à te saboter toi.


Parce que tu peux aider quelqu'un quand tu en as sincèrement envie et le temps. Tu peux faire passer les autres avant toi, être généreuse, mais également savoir dire à certains moments : « Ah ben non, là, je suis désolée, ça ne m'arrange pas. Je ne peux pas, je déménage également. »


Sans avoir besoin de faire une dissertation de 14 pages pour expliquer pourquoi, et aussi sans passer 3 jours derrière à ruminer et te demander si la personne t'aime encore.


Alors, comment on fait ? Bah, j'ai cinq clés à te partager aujourd'hui.


La première, demande-toi si tu en as vraiment envie. La prochaine fois que quelqu'un te demande quelque chose, ne réponds pas immédiatement, mais demande-toi plutôt : est-ce que j'en ai envie ?


Pas : est-ce que je devrais ? Pas : qu'est-ce qu'une personne gentille ferait ? Ni : qu'est-ce qu'elle va penser si je refuse ? Juste : est-ce que moi, j'ai envie et la disponibilité pour le faire ?


Si la réponse est oui, bah fonce. Mais tu peux aussi ne pas avoir envie et dans ce cas, tu peux dire non.


Deuxième clé, tu vas observer ta culpabilité quand tu dis non. Ça, c'est un très bon indicateur.


Tu dis non, mais immédiatement tu te sens mal, tu as la boule au ventre, tu as presque envie de pleurer. Tu commences à réfléchir et faire des scénarios.


« J'aurais peut-être dû accepter. Je suis trop con, elle va mal le prendre, là. Ah, mais qu'est-ce qui m'a pris ? Allez, je lui écris et c'est bon, je vais y aller finalement. »


Stop. Parce que ressentir de la culpabilité veut pas forcément dire qu'avant, tu as fait quelque chose de mal. Ton cerveau, il est juste en train de réagir parce qu'il vient de sortir de son fonctionnement habituel.


Tu as dit non, tu n'as pas répondu à une attente. Et ça crée de l'inconfort. Mais l'inconfort, c'est pas forcément un danger. Parfois, c'est juste le signe que tu es en train d'apprendre quelque chose de nouveau.


Ce qui va nous amener à mon troisième point : arrête de confondre être utile et être aimé. Ah, celle-là, elle pique un peu, je te l'accorde.


Parce que si tu as toujours été celle qui aide, celle qui gère pour les autres, celle qui pense à tout le monde, tu vas finir par avoir une croyance très profonde : si je suis utile, alors je serai aimé.


Et donc forcément, si tu ne l'es plus, tu vas avoir l'impression de perdre une grande partie de ta valeur. Mais ton utilité n'a aucun rapport avec ta valeur.


Tu n'as pas besoin d'être indispensable, de te sacrifier, d'être la sauveuse pour être aimé. Et tu as pas besoin de mériter l'amour des autres. Ta valeur ne dépend pas de tes actions.


On arrive au 4e point. Avant de dire oui, regarde ce que ça te coûte. Quand quelqu'un te demande quelque chose, pose-toi cette question : si je dis oui, qu'est-ce que ça me coûte en termes de temps, d'énergie, d'argent ?


Parce que aider, ça a aussi un coût. Donc tu as le droit de regarder ce que ça va te coûter avant de dire oui. Et tu as le droit de décider quand c'est trop pour toi.


Si tu es encore là et que tu te reconnais dans les différents points que j'ai évoqués jusqu'ici, s'il te plaît, je t'invite à t'abonner, parce que c'est exactement le genre de sujet que je vais continuer de décortiquer sur cette chaîne et j'ai forcément grandement besoin de ton soutien pour la faire vivre.


C'est un simple clic pour toi et ça a de grosses répercussions pour moi. Donc je te remercie d'avance de t'être abonné à cette chaîne.


On arrive au 5e et dernier outil. Et celui-là, attention, c'est très probablement celui qui va te demander le plus de courage.


Tu dois apprendre à supporter à ne pas être la gentille. Tu dois apprendre à ne plus être la gentille.


Et pour moi, je pense que c'est probablement le plus gros morceau, parce que tu peux apprendre à dire non, mais si derrière tu ne supportes pas que quelqu'un puisse être déçu de toi, bah tu vas finir par dire oui à nouveau.


Donc le véritable travail, c'est pas seulement de poser une limite, ça, c'est l'étape 1, mais l'étape 2, c'est d'apprendre à supporter que l'autre personne en face de toi ne supporte pas ta limite.


Tu peux dire non et être une bonne personne. Tu peux décevoir quelqu'un et rester une bonne personne. Tu peux ne pas être disponible et toujours être une bonne personne.


Donc apprends ici à te détacher du regard des autres, à te détacher du jugement.


Si une personne ne peut pas considérer ton non, ta limite, et du coup va t'en vouloir pour ça, est-ce véritablement là le bon ami pour toi ? Je te pose la question.


Une vraie personne qui t'aime profondément et sincèrement, qu'importe ta disponibilité, ton temps, ce que tu lui apportes, elle sera toujours en accord avec toi. Retiens bien ça.


Si une personne vient être toxique avec toi, t'en vouloir, te faire la tête, te faire des réflexions tout simplement parce que tu as dit : « Non, là, franchement, je suis désolée, je suis pas disponible, j'ai autre chose », eh bien cette personne-là, elle n'est pas faite pour toi et elle ne mérite pas ton investissement et ton amour.


Moi, pendant longtemps, j'ai vraiment confondu être une bonne personne, avoir de belles valeurs et être 100 % disponible pour les autres, les faire passer avant, les rendre heureux.


Et je le suis toujours, attention, je pense toujours à mes amis. Je fais toujours en sorte d'être disponible pour eux. Quand je les reçois chez moi, je les chouchoute. Mais ça, c'est ce que j'ai décidé.


Le jour où j'ai pas le temps, bah j'ai pas le temps. Le jour où j'ai pas envie, j'ai pas envie. Le jour où ça me coûte trop, je le fais pas. Et mes amis m'aiment toujours autant.


Alors, la prochaine fois que tu te retrouves devant une décision entre toi et un ami, ne te demande pas immédiatement quelle est la décision la plus généreuse, mais plutôt : est-ce que j'ai envie ? Est-ce que je le peux ? Et là, tu pourras prendre ta décision.

 
 
 

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